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Cuve de sarcophage dite "tombeau de saint Clair"...


Numéro d'inventaire :

Ra 825

Dénomination / Titre / Désignation :

Cuve de sarcophage dite "tombeau de saint Clair"
sarcophage (cuve)

Date de création / Datation :

4e siècle

Fonction d'usage :

pratique funéraire

Matière :

marbre gris

Technique :

sculpture ; bas-relief

Mesures :

Hauteur en cm : 43 ; Longueur en cm : 142-141 ; Largeur en cm : 59-54 ; Epaisseur en cm : 8,5 ; Profondeur en cm : 3,5

Date de collecte :

1792

Lieu de collecte :

Auch (Eglise Saint-Orens) : Gers

Domaine / Discipline :

sculpture ; croyances - coutumes ; paléochrétien

Situation :

Exposé

Description :

Il s'agit d'un sarcophage destiné à un enfant, d'où ses petites dimensions. Le couvercle n'est pas parvenu jusqu'à nous et nous en ignorons la forme et le décor. Peut-être avait-il été scellé sur la cuve grâce aux trous d'agrafes que l'on voit encore en haut de la face principale vers ses extrémités. Sur trois faces sont sculptées des scènes courantes dans l'art paléochrétien (des premiers chrétiens). Au centre de la grande face, accompagné de ses disciples, le Christ multiplie les pains qui sont déposés à ses pieds dans des corbeilles ou présentés par l'un de ses voisins ; l'autre tient plutôt, semble-t-il, une coupe de vin qui évoque le miracle des noces de Cana et complète le thème eucharistique. Jésus regarde l'Orante qui, debout, à sa droite, symbolise l'âme du défunt qui aspire au séjour auprès de Dieu. Plus à droite, le Christ ressuscite Lazare. Marie, la soeur de ce dernier, se lamente, prosternée aux pieds de Jésus. On remarquera l'allure classique du tombeau romain, un édicule à colonnes et fronton dans lequel se dresse Lazare. L'image est évidemment symbolique, annonciatrice de la résurrection du Christ. À gauche du Christ central, le patriarche Abraham s'apprête à sacrifier son fils Isaac devant un autel sur lequel brûle un feu. Une intervention de Dieu l'en empêcha, substituant un bélier à l'enfant. L'originalité de l'image tient au fait que sont, simultanément, représentés les trois hommes - Dieu trinitaire - qui apparurent à Abraham au chêne de Mambré afin de lui annoncer que sa vieille épouse Sara donnerait la vie à Isaac. Sara, voilée, est d'ailleurs représentée au milieu de la scène du sacrifice. Les deux scènes de l'Ancien Testament sont donc étroitement imbriquées pour préfigurer l'annonce de la naissance du Christ et son sacrifice sur la croix. Un autre sujet tiré de l'Ancien Testament occupe l'une des petites faces : le prophète Daniel, nu, les bras élevés vers Dieu, est épargné par les lions qui devaient le dévorer. Comme toutes les images précédemment évoquées, celle-ci signifie le salut de l'âme. L'autre petit côté, au contraire, rappelle le péché originel. Devant Adam et l'arbre du Paradis, autour duquel s'enroule le serpent du Mal, Ève s'apprête à cueillir le fruit défendu. Les corps trapus et charnus, dont l'anatomie se réfère cependant à des modèles gréco-romains (nus des petits côtés et d'Isaac), les visages bien ronds et volumineux, le détail des coiffures mettent cette oeuvre à part dans la production des sarcophages paléochrétiens du IVe siècle. Très proche d'autres exemplaires pyrénéens (sarcophages de Lucq-de-Béarn et d'Oloron, sarcophage inachevé de Saint-Bertrand-de-Comminges) ce petit sarcophage pourrait être issu d'un atelier de sculpture de la haute vallée de la Garonne. Daniel Cazes, extrait de la notice publiée dans le catalogue d'exposition « La Catalogne et la Méditerranée », 2008.

Image :

© Jean-François Peiré

Musée :

Musée Saint-Raymond