Retour à la recherche

Vallée du Tibre, campagne romaine - tableau


Numéro d'inventaire :

2008 1 1

Dénomination / Titre / Désignation :

Vallée du Tibre, campagne romaine
tableau

Auteur :

BOGUET, Nicolas-Didier En savoir plus

Nom : BOGUET
Prénom : Nicolas-Didier
Lieu de naissance : Chantilly
Date de naissance : 1755
Lieu de décès : Rome
Date de décès : 1839

Date de création / Datation :

1801-1850

Matière :

toile

Technique :

peinture à l'huile

Mesures :

Hauteur : 92,7 ; Largeur : 130,2

Domaine / Discipline :

Peinture

Situation :

Exposé

Description :

Le musée des Augustins présente un panorama assez complet du paysage historique italianisant de Valenciennes (originaire de Toulouse) à Corot, dont la Ville acquit en 1862 un chef d’oeuvre, « L’Etoile du matin ». Bertin, Bidauld, Giroux, Sarazin de Belmont sont représentés par des oeuvres majeures. Boguet faisait partie des absents, encore nombreux, de cette liste qui constitue l’un des axes de développement forts de notre politique d’acquisition. Toutes les facettes du talent de l’artiste sont visibles dans les collections publiques françaises, singulièrement au musée Fabre de Montpellier. L’univers de Boguet est solaire, paisible et harmonieux. « Le Lac d’Albano » du musée de Grenoble est très représentatif avec son ciel serein, ses arbres à peine agités par la brise et sa lumière méditerranéenne. Notre tableau présente également ces qualités dans sa partie achevée mais c’est bien son état d’inachèvement qui lui confère un charme singulier doublé d’un intérêt exceptionnel pour l’histoire de l’art. Tout le premier plan et le bouquet d’arbres de la partie gauche ont été laissés en réserve. Les éléments du paysage sont tracés au moyen d’un lavis de bistre sur la préparation. On y discerne un troupeau de vaches avec un bouvier et un enchevêtrement de racines d’arbre et de rochers similaires à ceux qui sont représentés sur les bords du Tibre dans la partie achevée. Ce dévoilement de la fabrique d’un paysage, alors que l’on est censé tout ignorer du labeur de l’artiste, est évidemment passionnant. Le contraste entre ce premier plan et le reste du tableau fait penser à un changement de composition de l’artiste. Il est probable que le Tibre était positionné dans le bas du paysage. Pour une raison ou une autre, Boguet n’a pas eu l’opportunité de reprendre son tableau et a dû le garder tel quel dans son atelier. Si ce tableau nous semble aujourd’hui, dans son inachèvement, digne d’un musée, il n’était évidemment pas commercialisable sous cette forme du vivant de l’artiste. La partie finie du paysage nous paraît, par un effet naturel de réaction, d’une perfection tout à fait remarquable. Suivant les méandres du jeune Tibre, l’oeil est conduit dans un parcours d’une grande fluidité, rythmé par des bosquets et des fabriques, jusqu’au dégradé des collines noyées dans la brume au loin. Il ne s’agit pas là à proprement parler d’un paysage historique mais d’une vue intemporelle de la campagne romaine. Le gros bourg construit sur le Tibre présente les mêmes bâtisses que dans les histoires romaines de Poussin. L’édicule à l’ombre du sous-bois fait référence à une antiquité rêvée. Aucune figure ne vient peupler ces lieux et faire pencher la balance vers le passé, le présent ou l’idylle. © Toulouse, musée des Augustins - Axel Hémery, notice tirée du catalogue « 25 ans d’acquisitions au musée des Augustins (1985-2009) », 2009.

Image :

© Photo Daniel Martin

Musée :

Musée des Augustins