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Vierge à l'Enfant dite Notre Dame du Palais - Vi...


Numéro d'inventaire :

1995 2 1

Dénomination / Titre / Désignation :

Vierge à l'Enfant dite Notre Dame du Palais
Vierge du Parlement
Notre-Dame du Palais
statue

Auteur :

Anonyme français En savoir plus

Nom : Anonyme français

Date de création / Datation :

1301-1400

Lieu d'util. / dest. :

Château narbonnais ; Parlement de Toulouse ; Couvent des soeurs de Marie-Réparatrice

Matière :

calcaire ; polychromie

Mesures :

Hauteur : 84 ; Largeur : 27 ; Profondeur : 25

Date de collecte :

1988

Lieu de collecte :

Couvent des Soeurs de Marie-Réparatrice : Toulouse

Domaine / Discipline :

Sculpture

Situation :

Exposé

Description :

La Vierge à l'Enfant « du Palais », vêtue d'une robe et d'un large manteau, présente une silhouette hanchée qui s'évase au niveau du bassin. Son visage serein semble esquisser un sourire tandis qu'elle pose délicatement la main droite sur le torse nu de l'Enfant porté sur son bras gauche, dans une attitude tendre et familière. Chose assez exceptionnelle, il est possible de retracer l'histoire de cette Vierge à l'Enfant. En effet, voici ce qu'écrivait Dubédat en 1885 : "Dans le mur de la Conciergerie du côté de la place de l'Inquisition, sous un auvent de la Renaissance et dans une niche de pierre en forme de trèfle, une Vierge noire en robe bleue semée d'étoiles d'argent couronnée de roses blanches et éclairée par une lampe toujours allumée, semblait vierge clémente et miroir de justice veiller sur le vieux Palais et les prisons du Parlement qu'elle a gardées pendant 300 ans. Elle n'a pas été abattue avec les pans du Château Narbonnais ; elle a retrouvé, en face de la niche où quelque artiste du Moyen Âge l'avait placée un abri dans le mur de l'ancien couvent de l'Inquisition d'où elle peut voir encore, au travers de sa grille....". Ce dispositif du côté occidental de la porte de l'Inquisition est confirmé au XIXème siècle par les sources iconographiques mentionnées par Prin et Rocacher : lithographies de Mazzoli (musée Paul-Dupuy, inv. D 60 6 4) ou de Malbosc (musée Paul-Dupuy, inv. 1705) reprise en 1920 par Lahondès. Un troisième document, un daguerréotype conservé au musée du Vieux-Toulouse, est pris du côté opposé à la niche, mais il atteste l'exactitude de la lithographie de Perrin. L'étude avant restauration, menée par Pascale Klein, nous permet de connaître quelques éléments de sa polychromie d'origine : robe rouge vif, voile bleu clair et manteau blanc doublé de bleu pour la Vierge, ce qui paraît fréquent dans notre région à cette époque ; vêtement également blanc de l'Enfant, doublé d'un bleu turquoise. Les chevelures, ainsi que la couronne et le liseré bordant les tenues étaient dorés. Le thème iconographique de l'Enfant tenant un oiseau qui semble lui becqueter la main est maintes fois attesté. L'oiseau est alors un symbole de pureté ou de l'âme humaine, mais le sens exact de sa présence est malaisé à préciser. Il s'agit peut-être d'une allusion aux tourterelles offertes lors de la Présentation au temple ou encore d'une référence aux évangiles apocryphes selon lesquels l'Enfant Jésus aurait modelé des oiseaux d'argile avant de leur insuffler la vie. Le geste de la Vierge posant la main sur le torse de l'Enfant n'a pas non plus de sens précis connu. Il s'avère relativement rare hormis dans le Nord. Le torse nu et le bas du corps enveloppé dans un lange, l'Enfant tient dans la main un petit objet rond, sans doute une pomme, symbole du pêché originel. La datation de notre « Vierge du Palais » dépend dès lors du temps que l'on estime nécessaire pour qu'un tel type francilien se diffuse dans les provinces françaises, au plus tôt dans les années 1340-1350. © Toulouse, musée des Augustins - Charlotte Riou, extrait de la notice tirée du catalogue « 25 ans d’acquisitions au musée des Augustins (1985-2009) », 2009.

Image :

© Photo Daniel Martin

Musée :

Musée des Augustins