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[Astrolabe quart de cercle de DESCROLIERES] - As...


Numéro d'inventaire:

18087

Dénomination / Titre / Désignation:

[Astrolabe quart de cercle de DESCROLIERES]
Astrolabe

Auteur:

DESCROLIERES, Adrien En savoir plus

Nom : DESCROLIERES
Prénom : Adrien

Date de création / Datation:

1579

Lieu de création:

Anvers

Matière:

Laiton

Mesures:

Largeur en cm : 44,5 ; Epaisseur en cm : 0.2

Domaine / Discipline:

Métrologie-instruments de mesure ; Sciences - techniques

Situation:

Exposé

Description:

Astrolabe en laiton formant quart de cercle. Il doit être complété par un fil de plomb attaché au petit trou aménagé à cet effet. L'un des côtés est équipé de deux pinnules permettant de viser le Soleil ou une étoile. L'autre côté est gravé d'une projection stéréographique de la sphère céleste, qui classe cet instrument dans les astrolabes. Il est signé et daté : Adrianus Descrolières facie, Antuerpie 1579. Il a appartenu au couvent des frères prêcheurs de Toulouse, puis à l'abbé Vidalat-Tornier qui le donna à la Société archéologique du Midi de la France. Sur le devant on lit l'inscription : Con' - Tolos. Ord F.F.P.P. Cet instrument doit être manipulé de la façon suivante : suspendu par l'anneau, il faut aligner les deux pinnules avec le Soleil, ce qui incline le quart de cercle ; en même temps, on doit lire en degrés l'élévation indiquée par le fil à plomb sur l'échelle graduée. Si au lieu du Soleil, on veut viser une étoile avec l'oeil, alors deux personnes sont nécessaires au maniement : l'une fait la visée, l'autre la mesure. Avec quelques précautions à prendre lors de l'utilisation et grâce à la grande taille de l'instrument, la précision des mesures pouvait être suffisante pour l'usage que l'on en faisait. L'auteur, Adrien Descrolières, est un personnage assez énigmatique. Outre cet astrolabe fait à Anvers et daté de 1579, nous connaissons de lui au musée Correr de Venise un autre astrolabe signé : Adrianus Descrolières facie, Ven(e)tijs Anno 1571, et au British Museum de Londres un troisième signé : Adrianus Descrolières fecit Lutetiae 1580. Descrolières aurait vagabondé entre Venise, Anvers et Paris. Ces trois instruments sont pratiquement identiques à ceux que fabriquait à la même époque Gualterus Arsenius de Louvain (vers 1530 - 1580), directeur d'un atelier fondé par son oncle Gemma Frisius (1508 - 1555). Arsenius a dominé la production d'instruments scientifiques pendant le troisième quart du XVIe siècle (sphères armillaires, anneaux astronomiques, graphomètres, théodolites, cadrans solaires, etc.). Les astrolabes de l'école de Louvain étaient réputés pour leur tracé complété par Frisius d'un "quadratum nauticum" pour la navigation et d'un "catholicum horizontale" (groupe de lignes horizontales entre 0° et 90°) permettant l'usage à différentes latitudes sans changer de tympan. Arsenius peut donc être soupçonné d'avoir eu des représentants dans plusieurs pays et d'avoir fait un véritable commerce d'astrolabes par leur entremise. Descrolières serait-il un de ces distributeurs ? Sa signature, dans ce cas, équivaudrait à celle que les horlogers du XIXe et du début du XXe siècle mettaient sur des mouvements fabriqués par des grossistes. Cette hypothèse est renforcée par la présence sur notre astrolabe de la marque Gemma Frisius, qui indiquerait sa véritable provenance : l'atelier de Louvain. (Michel Hayard)

Image:

Cliché Daniel Molinier

Musée:

Musée Paul Dupuy