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Dame Tholose - statue


Numéro d'inventaire :

2005 2 1

Dénomination / Titre / Désignation :

Dame Tholose
statue

Auteur :

RANCY, Jean En savoir plus

Nom : RANCY
Prénom : Jean
Lieu de naissance : Toulouse
Date de naissance : 1502

Date de création / Datation :

1550

Fonction d'usage :

décor d'architecture

Utilisateur / destinataire :

Capitouls En savoir plus

Nom : Capitouls

Lieu d'util. / dest. :

Tour des Archives

Date d'util. / dest. :

1544 ; 1829

Fonction d'usage :

fontaine

Lieu d'util. / dest. :

Colonne Dupuy

Date d'util. / dest. :

1834

Matière :

bronze ; cuivre

Technique :

fonte à cire perdue

Mesures :

Hauteur : 187 ; Largeur : 63 ; Profondeur : 50

Collecteur :

Ville de Toulouse En savoir plus

Nom : Ville de Toulouse

Date de collecte :

2005/09/30

Lieu de collecte :

Colonne de la fontaine, place Dupuy : Toulouse

Domaine / Discipline :

Sculpture

Situation :

Exposé

Description :

En 1529, le « tailleur d’ymages » Jean Rancy, dit « Fulhète », sculpta en bois une statue d’enfant qui fut dorée puis placée sur la tour des archives de la ville -récemment érigée- afin d’y servir de girouette. En 1544, cette figure étant « gastée », les capitouls commandèrent au même Rancy une autre statue de bois destinée à être moulée et fondue, mais ce n’est qu’en 1550 que « l’imaige et figure de léton appelée Tholose » fut réalisée par le canonnier Claude Pelhot. Cette statue, qui fut dorée à la feuille et placée sur la tour des archives, sur une sphère ornée de fleurs de lys, brandissait du bras droit une girouette alors que sa main gauche reposait sur un écu aux armes de la ville, avec l’inscription : CPQT MDL, soit Capitolium Populusque Tolosanus. « Le capitoulat et le peuple de Toulouse », inscrit à la manière du S.P.Q.R. romain, renvoyait à l’idée de république urbaine, car cette figure avait été voulue comme la personnification d’une ville où la revendication de prérogatives particulières se conjuguait alors avec une ascendance antique déjà mythifiée, dans un climat d’humanisme intellectuel mais aussi civique particulièrement fort. La maîtrise technique de cette statue est étonnante pour cette époque. La fonte de grandes figures, en effet, était alors rarissime en France en dehors de l’art royal, où nul ne s’était encore risqué à entreprendre une œuvre aussi dynamique, campée sur un seul appui. En comparaison, l’Homme de bronze d’Arles, seule autre fonte connue de ce type (1555) est extrêmement statique. Jean Rancy participa à Toulouse à de multiples chantiers municipaux et religieux à partir de 1529. Il expertisa, conçut, dirigea ou exécuta, des travaux d’ingénierie, de fortification, d’hydraulique, d’architecture, de sculpture, de marbrerie, d’orfèvrerie, de décorations éphémères… Sa familiarité avec la fonte d’art transparaît avec les figures « modelées en terre » de reliquaires en argent pour l’abbatiale Saint-Sernin. A plusieurs reprises, Rancy donna le dessin d’œuvres exécutées par d’autres sculpteurs, par Bachelier notamment. Ce fut le cas, en 1545, pour deux portails architecturés et sculptés de l’hôtel de ville. Aussi ne doit-il pas être seulement considéré comme « un émule du grand sculpteur » que fut Bachelier, mais bien comme le grand sculpteur de la Toulouse de ce temps, ce que confirme sa manière. En effet, désormais restaurée, débarrassée de ses ajouts du XIXe siècle (ailes et couronnes qui la transformaient en Victoire), allégée des consolidations en résine du XXe siècle (qui remplaçaient la cheville gauche et le pied droit corrodés), Dame Tholose s’offre à une lecture éclairante. Le dynamisme surprenant de cette figure très élancée est accompagné par l’envol de plis sinueux et fortement creusés. Le drapé de sa courte robe à l’antique, plaquée par le vent, moule ses formes généreuses et en enrichit la sensualité. Resserrée à la taille par une large et lisse ceinture, cette robe s’entrouvre sur la jambe d’appui et laisse libre le haut du corps, pour mettre en valeur la poitrine mise à nu. Le visage aux traits réguliers ainsi que la chevelure ondulée, cernée d’un fin diadème, répondent aux canons classiques, mais une longue et ample mèche ondoyant sur les épaules ainsi qu’un regard très affirmé accompagnent sa puissante animation. Par son exceptionnelle ambition technique et esthétique, par la qualité de sa réalisation, Dame Tholose n’est pas qu’une allégorie politique majeure, elle est également et désormais un jalon essentiel dans la sculpture de la Renaissance française. © Toulouse, musée des Augustins - Charlotte Riou, extrait de la notice tirée du catalogue « 25 ans d’acquisitions au musée des Augustins (1985-2009) », 2009.

Image :

© Photo Daniel Martin

Musée :

Musée des Augustins