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Un soldat - tableau


Numéro d'inventaire :

91 1 2

Dénomination / Titre / Désignation :

Un soldat
tableau

Auteur :

TOURNIER, Nicolas En savoir plus

Nom : TOURNIER
Prénom : Nicolas
Lieu de naissance : Montbéliard
Date de naissance : 1590
Lieu de décès : Toulouse
Date de décès : 1639

Date de création / Datation :

1630 vers

Matière :

toile

Technique :

peinture à l'huile

Mesures :

Hauteur : 96 ; Largeur : 71 ; Hauteur avec cadre en cm : 110.5 ; Largeur avec cadre en cm : 84.5 ; Epaisseur : 7.5

Domaine / Discipline :

Peinture

Situation :

Non exposé

Description :

La formation de Nicolas Tournier, protestant né à Montbéliard, en terre de l'Empire romain-germanique, n'est pas connue. Sa présence est attestée de 1619 à 1626 à Rome mais il est possible qu'il se soit fixé en Italie quelques années plus tôt. Il est l'un des peintres caravagesques les plus importants, peignant de grandes compositions pour les familles aristocratiques, concerts, scènes de jeu, musiciens. Son sujet de prédilection est le Reniement de saint Pierre. Proche de Bertrand de Reich, trésorier du Languedoc, il réside de 1627 à sa mort en 1639 entre Narbonne, Carcassonne et Toulouse. Au cours de ses dernières années il abandonne le caravagisme au profit d'un style austère et géométrique d'une belle simplicité qui n'aura pas de descendance. Le tableau « Soldat » illustre les codes du portrait de genre en demi-figure si caractéristique de la production caravagesque. Il ne s’agit pas à strictement parler d’un portrait mais plutôt de la mise en scène d’un personnage dans l’attitude d’un bravo ou d’un spadassin. Le costume de fantaisie, mis à la mode par le Caravage, est une reprise des codes vestimentaires de la peinture de l’Italie du Nord au XVIe siècle. On ne connaît qu’une autre représentation isolée de soldat dans la production de Nicolas Tournier. Toutefois, le Buveur levant son verre et le Buveur à la fiasque de Modène ainsi que le Flûtiste de Brescia appartiennent de toute évidence au même répertoire. Comme les principaux peintres caravagesques, Tournier puisait dans un vivier assez restreint de modèles humains. Si le Saint Paul est relativement unique dans son genre, le modèle du Soldat a servi pour l’un des figurants de la Réunion de buveurs (Le Mans), le Buveur levant son verre (Modène), le Corps de garde (Dresde), le Reniement de saint Pierre (versions d’Atlanta et du Prado) et la Scène de banquet au joueur de luth (Saint Louis). Qui dit réutilisation d’un modèle ne veut pas dire absence d’originalité. L’attitude du personnage, les yeux écarquillés, la bouche entrouverte, que l’on imagine en train de tirer l’épée de son fourreau, est singulière et spontanée. L’effet de lumière sur le visage associé à la neutralité du fond contribue à l’impression de tension dramatique laissée par l’image. A l’instar du Saint Paul, Tournier n’a pas cherché la virtuosité dans le rendu des drapés, se contentant de souligner le col de l’armure avec une précision inhabituelle. Ce tableau est le seul à sujet profane au sein de l’importante collection caravagesque du musée. © Toulouse, musée des Augustins - Axel Hémery, extrait de la notice tirée du catalogue « 25 ans d’acquisitions au musée des Augustins (1985-2009) », 2009.

Image :

© Photo Daniel Martin

Musée :

Musée des Augustins