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Les Adieux de Charles Ier d'Angleterre - tableau


Numéro d'inventaire:

1998 1 1

Dénomination / Titre / Désignation:

Les Adieux de Charles Ier d'Angleterre
tableau

Auteur:

FRAGONARD, Alexandre Evariste En savoir plus

Nom : FRAGONARD
Prénom : Alexandre Evariste
Lieu de naissance : Grasse
Date de naissance : 1780
Lieu de décès : Paris
Date de décès : 1850

Date de création / Datation:

1830 vers

Matière:

toile

Technique:

peinture à l'huile

Mesures:

Hauteur : 98 cm ; Largeur : 76 cm

Domaine / Discipline:

Peinture

Situation:

Non exposé

Description:

La très belle collection de peintures du XIXe siècle du musée n’est pas spécialement riche en tableaux d’histoire entre Style Troubadour et Romantisme si l’on excepte « La Mort de Louis XII » de Merry-Joseph Blondel un peu antérieure (1817). L’acquisition de l’oeuvre d’Alexandre Evariste Fragonard était donc particulièrement pertinente dans l’effort constant du musée de compléter des séries cohérentes, chaque tableau donnant un sens à son voisin. Inédite avant sa réapparition sur le marché à la fin du XXe siècle, non présentée à un Salon, la composition emprunte son sujet à l’histoire d’Angleterre. L’iconographie du roi renversé par Cromwell n’est pas très répandue dans la peinture française du XIXe siècle. L’idée de cette scène d’intérieur intimiste et dramatique est à rapprocher du chef-d’œuvre de la peinture contemporaine à thème anglais, « Les Enfants d’Edouard » de Delaroche de 1830. Les deux tableaux sont fort différents mais une analyse superficielle permet de recenser des éléments comparables comme le petit chien et le décor intérieur. La caractérisation psychologique est bien moins maîtrisée par Fragonard fils que par Delaroche. Les traits creusés, Charles 1er, prisonnier au château de Hampton Court, effrayé et impuissant, n’est que l’ombre d’un héros allant à la rencontre de son destin. Sa fille, Henriette-Anne, est représentée de dos et son épouse, Henriette Marie de France, de profil, ce qui ne permet pas à l’artiste de leur conférer une véritable épaisseur. Le chapelain Jeremy Taylor paraît être le seul participant à la scène à garder un recul et une lucidité à la hauteur de la situation. Cette hésitation entre une rhétorique néoclassique et l’absence d’une détermination héroïque est caractéristique d’un peintre marqué par les exemples et enseignements contradictoires de David, Fragonard père et Marguerite Gérard. En revanche, le peintre se révèle fort doué dans son choix d’un décor opulent, le rendu raffiné des étoffes (encore très influencé par Marguerite Gérard) et l’adoption d’une palette brillante et variée. Le choix d’un format vertical est privilégié par le peintre dans ses scènes d’intimité familiale avec peu de figures. Il permet un point de vue resserré sur le triangle constitué par la famille royale éplorée. Il démontre l’aisance d’un artiste dans tous les genres et toutes les techniques, de la gravure au modèle de vase pour Sèvres jusqu’au grand décor. Ce tableau témoigne d’une grande fluidité et de la faculté du peintre à échapper aux classifications strictes. Moins audacieuse que les inventions romantiques, moins froide que les scènes Troubadour, cette composition est caractéristique des années 1830 et s’inscrit parmi les oeuvres les plus représentatives de son auteur conservées dans un musée français. © Toulouse, musée des Augustins - Axel Hémery, extrait de la notice tirée du catalogue « 25 ans d’acquisitions au musée des Augustins (1985-2009) », 2009.

Image:

© Photo Bernard Delorme

Musée:

Musée des Augustins